#Zoom, #Meet, #WebEx, #Skype, sont-ils dangereux, faut-il limiter leurs usages ?

par 8/05/2020Pédagogie, Technologie0 commentaires

Depuis le 17 mars, l’usage des visioconférences a explosé avec le confinement, à tel point qu’il commence à y avoir de nouveaux retours d’expériences, et des premières critiques fortes. Le 23 avril, Le Figaro publiait une tribune “Zoom fatigue” et conseillait “d’éviter d’enchaîner trop de visioconférences”… trop de visioconférences tue-t-il la visioconférence ? La visioconférence, est-elle nuisible ? Faut-il la bannir de la relation apprenante ?

1, C’est vrai que la visioconférence fatigue.

C’est la problématique de la routine. Que faut-il en penser ? Nombre de personnes ont découvert de nouveaux outils comme Zoom, quand ils n’ont pas tout simplement découvert les visioconférences. En phase de découverte, c’est vrai que l’on est plus attentif et que l’attention, ça fatigue. Que ce soit sur les problèmes techniques, comme la peur que tout s’arrête, les temps de latence, … tout est prétexte à inquiétude pour un novice qui souvent est responsable de sa propre logistique. C’est exactement le même phénomène que lorsque l’on est habitué à l’univers Apple et qu’on découvre l’univers Android, c’est panique à bord pour acquérir les nouveaux automatismes. Et pourtant personne n’aurait l’idée de jeter pour autant son smartphone. Il y a une phase d’apprentissage. On estime souvent qu’une routine s’acquièrt en 21 jours, le confinement sera le moment de l’acquisition de nouvelles compétences. Et que contrairement à l’article, le conseil serait d’en faire encore et encore… jusqu’à ce que l’on soit à l’aise avec l’outil. Vive la visioconférence à grande échelle.

2, C’est vrai que la visioconférence favorise l’engagement.

Dans l’ordre de l’attention, l’écrit est le moins engageant, l’image, 5 fois plus engageant, l’audio et la vidéo… et dans la vidéo, le “live” l’emporte sur la ressource asynchrone. Autrement dit, la visioconférence est engageante. Mais c’est pour cela qu’il existe autant de support qui assure une bonne gestion de l’apprentissage. Le multicanal, et plus encore le cross canal permettent d’organiser le meilleur support en fonction des usages. Et si l’on veut avoir du retour ou une participation des usagers, la vision conférence est l’outil roi. Meet permet d’avoir jusqu’à 250 participants en même temps, alors que Zoom 100, mais il permet d’en afficher à l’écran en même temps 50 participants, contre 16 pour Google. C’est quand même plus sympa qu’un mail. Cela permet par exemple des votes à main levée… des cartons de couleurs, des quiz collectifs, … Reste à savoir animer une telle rencontre. Imaginez les premières conférences téléphoniques, les personnes se coupaient la parole, on ne savait pas qui parlait, … il a fallu se doter de règles de communication ensemble et aujourd’hui les usages sont entrés dans le commun. C’est un apprentissage.

3, C’est vrai que la visioconférence est parfois pénible.

Une visioconférence de 4 heures, c’est vrai que c’est pénible… tout comme une conférence présentielle de 4 heures, c’est souvent pénible… surtout si l’orateur est pénible. C’est un problème d’animation ou de pédagogie. Il faut former au distanciel comme on forme au présentiel. Et surtout, la visioconférence ouvre des perspectives assez sympas. Le tout, c’est d’alterner les rythmes. Par exemple, Zoom permet de faire des sous-groupes jusqu’à 50 sous-groupes pour les faire travailler ensemble. Alors à quand un World café en visioconférence ? On peut faire des visioconférences toute une journée à condition d’alterner les activités. Une conférence peut alterner avec un travail sur un tableau interactif, certains sont gratuits, et finir par une restitution en MindMapping collectif. Autrement dit, ce qui fait défaut pour l’outil, c’est de la pédagogique. Rien de nouveau en somme.

Finalement, la visioconférence est un outil pour réenchanter la transmission et le partage. Chacun a la visioconférence qu’il mérite… et, c’est une chance que de pouvoir transformer l’ordinaire en extra-ordinaire. Le numérique permet toutes les audaces, on peut organiser un “live” avec des personnalités qui ne prendrait peut-être pas le temps de se déplacer… et pourquoi pas oser l’international… donner le retour d’expériences d’un Québécois ? La visioconférence est ce que chacun voudra bien en faire… et çà, c’est une liberté.

Paris le 04 mai 2020, publié par Focus RH