Le confinement révolutionne la formation avec le tout numérique

par 17/05/2020Ma catégorie0 commentaires

La situation exceptionnelle du confinement a introduit un changement important dans les comportements de formation. Le tout numérique a gagné ses lettres de noblesse dans le paysage français. Voilà quelques années qu’il stagnait autour des 6 ou 7 % des pratiques de formation. Avec le confinement, les acteurs de la formation ont été obligés de s’engager. La grande question est de savoir ce qu’il en restera post-confinement. S’agit-il d’un comportement opportuniste des acteurs ou d’un changement durable ? Qu’est-ce que le confinement a changé pour le tout numérique ?

1, Le confinement a permis le passage à l’acte.

Le “tout numérique” est un marqueur de la résistance au changement. La référence restant le présentiel. La routine formative a eu des décennies pour s’imposer. Et lorsque le numérique est devenu une obligation, c’est le blended learning a su tirer son épingle du jeu. Le blended learning est souvent un présentiel amélioré. La pratique la plus répandue, et de loin, étant la classe virtuelle. La classe virtuelle complète ou remplace la classe présentielle. Mais, jusqu’au confinement, le tout numérique, point trop n’en faut.

Avec l’interdiction du présentiel… le tout numérique s’est imposé par défaut. Et l’état a joué un rôle d’influenceur en renforçant le dispositif du FNE Formation… qui finance les formations tout distanciel pendant le confinement. “Il est accessible à toutes les entreprises qui ont des salariés en chômage partiel, par une simple convention signée entre l’entreprise et la Direccte”. L’incitation économique a fait découvrir à bon nombre d’entreprise, le charme et la facilité d’usage du “tout numérique”. Le Rubicon a été franchi… en quelques semaines. Maintenant avec le déconfinement, la grande question est de savoir si cette évolution aura été simplement une parenthèse opportuniste ou un véritable changement qui saura trouver sa place post confinement. Regardons cela de plus près…

2, Le confinement oblige à repenser le stratégique.

Le COVID 19 a créé une situation extraordinaire et non anticipée. Qui aurait pu imaginer, il y a quelques semaines encore, un pays mis en quarantaine ? Un monde mis en confinement ? Mais c’est fait. Et les experts le prédisent à nouveau pour demain, les mêmes causes produisant les mêmes effets. L’extraordinaire peut devenir ordinaire. Le responsable de formation ne pourra plus invoquer la sidération, il se doit d’envisager des scénari de crise, au cas où.

C’est toute la logistique de la production de la filière numérique qu’il faut penser et repenser : le choix technologique, le choix pédagogique, le choix des animateurs, … et la pratique qu’il faut mettre en place pour acquérir les connaissances et les compétences nécessaires à un tel projet. Avoir un tchat, n’assure en rien la pratique d’une communauté apprenante… il faut construire des ressources auto-animées ou des ressources animées afin d’avoir l’expertise des producteurs de contenus et/ou des formateurs. Le tout numérique réinvente la formation du côté de l’offre, mais aussi crée les routines du côté de la demande pour construire une nouvelle relation apprenante autonome et complémentaire au présentiel et au blended learning.

3, Le confinement ouvre des opportunités économiques

Le confinement et l’interdiction des réunions à plusieurs ont mis à mal les modèles économiques traditionnels de la formation. Face à l’adversité, c’est la créativité qui s’impose. Le renforcement du FNE Formation est une belle opportunité, mais non une transformation majeure. Le numérique présente bien des avantages une salle Zoom coûte 15 € pour un mois complet, Meet moins de 5 €, … combien de salles physiques peuvent soutenir la concurrence ?

Mais le plus est que le numérique permet la capitalisation et que cette capitalisation permet la scalabilité, produire et reproduire à l’infini les grains de formation numérisés. Une formation tout numérique “live” peut être revisionnée “en replay” à l’infini. Et cela change toutes les métriques du modèle économique. De nombreuses stratégies ont déjà commencé à se penser, et se mettre en pratique, que ce soit la “longue traine”, “la scalabilité”, … jusqu’au social selling, vendre en tout numérique, voir le tout numérique en “automation”.

Le tout numérique est une nouvelle grammaire qui se construit sous nos yeux… la grammaire est une technique, mais une technique ne fait pas l’histoire, c’est l’usage de cette technique qui fera la différence… et nourrira de ses pratiques l’ensemble de l’écosystème apprenant. Comme dit la comptine, la meilleure façon de marcher, c’est de mettre un pied devant l’autre et de recommencer… la marche du tout numérique.

Paris, le 17 mai 2018